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FYI: Séminaire de Sémantique du LLL (Laboratoire ligérien de Linguistique)


Author: Pierre-Yves Raccah

Linguistic Field(s): General Linguistics

FYI Body: Chères et Chers Collègues,

J’ai le plaisir de vous annoncer la naissance du Séminaire de Sémantique du LLL (Laboratoire ligérien de Linguistique ; CNRS-Université d'Orléans, France). Comme vous le constaterez en prenant connaissance du texte d’orientation ci-dessous, ce séminaire a pour mission de faire participer les chercheurs, quelle que soit leur discipline d’origine, aux recherches abordant des questions de construction du sens.

La première séance du séminaire se tiendra à la Faculté de Lettres, Langues et Sciences Humaines de l’université d’Orléans (France), salle 258-2, le jeudi 15 novembre 2012, de 14h30 à 17h30

Ordre du jour de la séance :
14h30-15h Pierre-Yves Raccah (CNRS-LLL)
Présentation liminaire du séminaire : sémantique et interfaces
15h15-16h Danielle Forget (Université d’Ottawa, Canada)
Le pathos dans le discours politique : de la pragmatique vers des outils sémantiques
16h15-17h30 Questions et discussion(s)

Vous trouverez ci-dessous le texte d’orientation du séminaire ainsi qu’une esquisse de chacune des deux interventions prévues à cette séance.

Avec mes bien cordiales salutations,

Pierre-Yves Raccah


Pour tout renseignement (notamment, pour proposer une intervention), vous pouvez contacter
Pierre-Yves Raccah : pyr@linguistes.fr

Texte d'orientation du Séminaire de Sémantique du LLL

Le Séminaire de Sémantique du LLL est un lieu de réflexion et de discussion sur tous les thèmes qui font intervenir l’influence que les unités de langue exercent sur la construction du sens.

Les travaux qui y sont présentés peuvent être suscitées par l’étude des langues, bien sûr, mais aussi à partir d’autres objets d’étude, comme les textes, les discours, les genres littéraires, la cognition humaine, l’apprentissage (des langues, mais aussi, le rôle des langues dans d’autres apprentissages), etc. relevant d’autres disciplines que la linguistique, comme les études littéraires, la didactique, la psycholinguistique, l’anthropologie, etc.

Ces travaux pourront viser à mieux comprendre les phénomènes de langue, mais aussi à des contributions dans d’autres domaines, comme, par exemple, ceux qui viennent d’être mentionnés ; ils pourront aussi constituer une partie des étapes théoriques sous-jacentes à des réalisations concrètes (logiciels, dictionnaires, thesaurus, …).

Les intervenants devront pouvoir compter sur une assistance ouverte mais critique, leur permettant de tester l’efficacité de leurs argumentations, de déceler d’éventuelles hypothèses implicites, et de contrôler le bien fondé de leurs éventuels résultats : les interventions peuvent donc consister en une présentation de travaux aboutis, mais aussi en l’exposition de travaux en cours ou d’un ensemble organisé de préliminaires sur la base desquels un programme de recherche sera éventuellement élaboré.

On voit que, sans être spécifiquement orienté ‘jeune chercheur’, ce séminaire accueille favorablement les recherches jeunes…

À titre indicatif, compte tenu des axes de recherche du LLL, on s’attendra à ce qu’une majorité des interventions concernent
- les différentes problématiques liées au recueil de données linguistique
- les questions liées à l’oralité
- les interfaces de la sémantique avec les autres branches de la linguistique
- les interfaces de la sémantique avec d’autres domaines des sciences de l’homme et de la société (didactique, anthropologie, sociologie,…)

Dans un premier temps, le rythme prévu est bimestriel ; les séances, qui se tiendront généralement à Orléans un jeudi après-midi, seront constituées de deux exposés (exceptionnellement trois) suivis, chacun, d’une longue discussion. Le régime d’intervention est mixte : les intervenants peuvent avoir été sollicités ou avoir eux-mêmes proposé une contribution.

Esquisse des interventions du 15 novembre 2012

Présentation liminaire du séminaire : sémantique et interfaces
Pierre-Yves Raccah

Parmi les différentes caractéristiques des langues humaines figure le fait qu’elles sont constituées d’unités abstraites, simples et complexes, dont une partie (les unités signifiantes) peuvent être utilisées en situations par un locuteur, avec, pour effet, de faire construire du sens à ses interlocuteurs (au nombre desquels figure le locuteur lui-même). On peut admettre que, au sein des sciences du langage, la linguistique étudie différents aspects de cette caractéristique complexe : la description des unités simples de chaque niveau d’assemblage ; les règles d’assemblage propres aux différents niveaux ; la détermination du sous-ensemble des unités signifiantes ; la répartition, entre unités de langue et éléments de situation, des effets de construction de sens ; et encore d’autres aspects de cette caractéristique. Pour chacun de ces aspects, outre le volet descriptif, il est utile aussi de chercher à savoir si tout ou partie de ces descriptions peuvent être reliées par des liens causaux satisfaisants.

Cette manière de caractériser la linguistique suggère des liens très forts entre toutes ses sous-disciplines et la sémantique, conçue comme l’étude de la manière dont les unités de langue instruisent sur la construction du sens. De ce point de vue, les résultats des recherches concernant d’autres domaines, comme la logique, la rhétorique, les sciences de la cognition, l’anthropologie, la sociologie, etc., ne peuvent pas ne pas influer sur la recherche en sémantique ; et réciproquement, les résultats des recherches en sémantique sont, a priori, pertinents pour les travaux concernant ces autres domaines.

J’exposerai quelques unes des pistes que l’on pourra explorer dans ce grand champ de fouilles et qui pourraient être abordées dans le cadre de ce séminaire de travail.


Le pathos dans le discours politique : de la pragmatique vers des outils sémantiques
Danielle Forget

On admettra que le discours politique possède une visée persuasive qui ne mise pas uniquement sur une logique des raisonnements (cf P. Charaudeau, 2005) Elle fait appel, notamment, aux affects, autrement dit au pathos, cette dimension étant reconnue depuis la rhétorique ancienne comme jouant un rôle dans l’établissement de la «preuve». Rappelons que le pathos suppose une capacité à éveiller chez autrui des émotions, des dispositions telles qu’elles sont susceptibles d’emporter son adhésion.

Dans le rapport qu’il entretient avec l’ethos et les imaginaires collectifs, il m’importe de cerner comment opère le «champ du pathétique» dans le discours. Pour ce faire, je me servirai principalement d’extraits tirés du discours politique québécois.

Plus spécifiquement, je cherche à établir le lien entre les particularités de certaines configurations discursives (plusieurs étant à base métaphorique) et l’engagement qu’elles favorisent chez les énonciateurs. Quelques questions se détachent, dont celles-ci. Quelle est la nature de ce rapport? Peut-on dégager de ces configurations à charge pathétique des contraintes sémantiques qui rendent compte de leur spécificité?

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