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Jost Gippert: Our Featured Linguist!

"Buenos dias", "buenas noches" -- this was the first words in a foreign language I heard in my life, as a three-year old boy growing up in developing post-war Western Germany, where the first gastarbeiters had arrived from Spain. Fascinated by the strange sounds, I tried to get to know some more languages, the only opportunity being TV courses of English and French -- there was no foreign language education for pre-teen school children in Germany yet in those days. Read more



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Full Title: L'héritage de Zellig Sabbetai Harris

   
Location: Duino, Italy
Start Date: 20-Jun-2014 - 22-Jun-2014
Contact: Claire Martinot
Meeting Email: click here to access email
Meeting URL: http://www.cereli.fr/evenements/
Meeting Description: Organisé par la Cellule de Recherche en Linguistique
avec le soutien de l’Université de Paris Sorbonne et du Colegio del Mondo Unito dell’Adriatico DUINO-AURISINA (Province de Trieste, Italie)

Peu de linguistes ont à ce point marqué et transformé leur discipline tout en restant aussi méconnus dans la plupart des cursus de sciences du langage, du moins en Europe. Les travaux de Harris couvrent la seconde moitié du 20e siècle (1946-1991) mais surtout ont jalonné, par deux fois au moins, l’évolution de la discipline linguistique.

Methods in Structural Linguistics (1951) constitue « la synthèse la plus complète et une sorte de référence absolue de la méthodologie de l’analyse distributionnelle » écrit Ibrahim (2007 : 5) dans l’introduction qu’il consacre à la traduction française de l’avant-dernière publication de Harris, Language and Information (1988). « Methods marque le couronnement d’une époque sans laquelle il n’y aurait pas aujourd’hui de description linguistique digne de ce nom » (ibid.).

Le second jalon correspond à l’un des apports les plus originaux de Harris du fait qu’il ne concerne plus seulement le fonctionnement des phrases mais aussi le fonctionnement de discours entiers (Harris, 1952a-b). Ce second jalon est paradoxalement le moins (bien) connu de la linguistique actuelle. La mise en évidence de classes d’équivalences conduit Harris à postuler, pour la première fois dans l’histoire de la linguistique mondiale, l’existence de relations transformationnelles entre phrases puis à reconsidérer le statut des séquences syntaxiques de base : seules les phrases élémentaires sont constituées de mots (arguments et opérateurs de niveau 0), tandis que l’immense majorité des productions linguistiques, en langue naturelle comme dans les langues de spécialité, résultent de phrases constituées de phrases (Harris, 1964a-b).

Dans la logique transformationnelle, Harris (1969) proposera deux classes distinctes d’équivalence : d’une part, les équivalences qui décrivent un énoncé (report) et d’autre part les équivalences de même statut descriptif (paraphrase). Certains de ses disciples comme Peter Matthews, ont considéré qu’il y avait une nouvelle rupture épistémologique dans l’idée que « tous les opérateurs, quel que soit l’ensemble auquel ils appartiennent ou leur position, et qui ont des contraintes d’arguments données, ont une transformée synonyme dans un ensemble moins contraint de ces opérateurs » (Harris, 1976 : 16). Cette idée s’appuie sur l’un des mécanismes fondamentaux de la construction du sens par la langue selon la conception harrissienne : la redondance, qui permet les réductions et les équivalences.

Pour terminer ce rappel des principaux apports de Harris, il faut signaler deux prises de position qui sont, à ce jour encore, révolutionnaires. La première prise de position donne au linguiste le moyen de décrire le fonctionnement de la langue sans avoir recours à un métalangage. Le degré de redondance ou de prévisibilité d’une occurrence par rapport à l’aléatoire rend compte du fonctionnement de la langue, autrement dit de la façon avec laquelle les formes linguistiques construisent le sens. La seconde prise de position concerne la notion de complexité syntaxique. Harris a postulé - et de notre point de vue démontré - que « la complexité notoire de la grammaire dont la majeure partie est créée par les réductions, n’est pas due à la complexité de l’information et n’est pas nécessaire à l’information » (Harris, 1988, trad. 2007 : 45). C’est une autre façon de distinguer radicalement le fonctionnement d’une langue des contraintes référentielles mais aussi de distinguer le fonctionnement linguistique de la recherche de lois cognitives ou logiques supposées sous-jacentes au langage (Daladier, 1990 : 58-59).
Linguistic Subfield: Discipline of Linguistics; General Linguistics
LL Issue: 25.1577


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