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L'objectif principal de ce livre est d'examiner le système pronominal du
français ontarien. Nous nous intéressons tout particulièrement à étudier
l'influence éventuelle de la restriction dans l'emploi du français sur
l'emploi des pronoms clitiques de cette variété. Dans une perspective
sociolinguistique (labovienne), nous examinons également le rôle de
différents facteurs linguistiques qui pourraient entrer en corrélation avec
la présence/absence des clitiques.
Dans un premier temps, nous présentons une analyse linguistique des
clitiques qui nous mène à conclure que ces éléments sont des affixes
verbaux. Etant donné que des recherches précédentes démontrent que les
affixes sont employés peu souvent par les locuteurs dont l'emploi de la
langue est restreint, nous examinons l'hypothèse d'après laquelle les
clitiques seront employés moins souvent parmi ces même locuteurs.
La première alternance que nous examinons a trait à l'emploi variable d'un
clitique sujet dans une proposition qui contient déjà un sujet lexical. Par
exemple, "mon père (il) parle". Nos résultats suggèrent que la variante
redoublée se trouve moins souvent dans le parler des locuteurs dont
l'emploi du français est restreint. L'analyse quantitative de cette
structure révèle qu'il existe également un nombre important de facteurs
linguistiques qui conditionnent l'emploi des sujets redoublés.
Ensuite, nous considérons l'emploi des pronoms objet direct et indirect.
Dans les deux cas, les locuteurs alternent entre un pronom clitique et un
pronom fort. Nos résultats démontrent que même si les locuteurs continuent
à utiliser les formes clitiques, ils ont un taux relativement élevé de
formes fortes. Nous avons aussi relevé des exemples où, contrairement à la
grammaire du français standard, aucun pronom objet n'est utilisé. Encore
une fois, nous attribuons ce résultat à une prédilection pour les formes
non-liées parmi les locuteurs restreints.
Finalement, nous abordons la question de l'origine de l'emploi réduit des
pronoms clitiques dans le parler des locuteurs restreints. Deux types
d'explication sont prises en considération:
a) l'interférence de la langue de contact, l'anglais, et
b) la restructuration intrasystémique.
Nous démontrons que bien que l'anglais puisse être à l'origine d'une
réduction dans l'emploi des pronoms clitiques, il est tout aussi possible
d'expliquer cette réduction en termes de régularisation et de simplification.
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