LINGUIST List 32.3381

Thu Oct 28 2021

Calls: French; Ling & Literature/Austria/Austria

Editor for this issue: Everett Green <everettlinguistlist.org>



Date: 22-Oct-2021
From: Andreas Dufter <dufterlmu.de>
Subject: La langue du peuple dans la littérature française : une ‘mise en littérature’ du français populaire ?
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Full Title: La langue du peuple dans la littérature française : une ‘mise en littérature’ du français populaire ?

Date: 21-Sep-2022 - 24-Sep-2022
Location: Vienna, Austria
Contact Person: Andreas Dufter
Meeting Email: < click here to access email >
Web Site: https://frankoromanistentag.univie.ac.at/fr/

Linguistic Field(s): Ling & Literature

Subject Language(s): French

Call Deadline: 15-Jan-2022

Meeting Description:

13e congrès des francoromanistes, Vienne

Sektion / Atelier
La langue du peuple dans la littérature française :
une ‘mise en littérature’ du français populaire ?
13e Congrès des Francoromanistes, Vienne
Andreas Dufter (LMU Munich) & Susanne Zepp-Zwirner (FU Berlin)

Conférencier invité : Gilles Siouffi (Paris-Sorbonne)

La ‘langue de Molière’ est aussi celle de Malherbe, marquée par une puissante tradition prescriptive, d’abord à la cour, puis à l’école. Depuis le siècle classique, la littérature française a toujours été confrontée à des attentes normatives. Même les textes littéraires qui s’éloignent de façon plus ou moins flagrante des normes de l’écrit n’invalident guère le français de référence, car c’est évidemment par rapport à celui-ci que la déviance se définit. Pour ce qui est de la mise en scène de l’oralité dans les textes narratifs et dramatiques, toute volonté mimétique se heurte, dans un premier temps, aux limitations du code graphique (Dufter/Hornsby/Pustka à paraître). Mais il y a plus : les déviations par rapport aux normes graphiques, les écarts par rapport aux structures grammaticales admises, les choix lexicaux relevant du ‘non-standard’ – bref, les dispositifs pour ‘faire oral’ – n’échappent pas non plus aux stéréotypes, à la stylisation, aux codes littéraires (Grenouillet/Reverzy 2006). Lorsqu’il s’agit de faire résonner les ‘voix du peuple’, les défis de l’écriture littéraire s’accentuent encore davantage : chez nombre d’auteurs issus des couches aisées, « l’exotisme du verbe populaire » (Wolf 1990 : 11) semble encourager une représentation de l’oral plutôt fantaisiste. Ce n’est certainement pas le souci d’authenticité qui prime, ni dans le réalisme ni dans le courant naturaliste.
En même temps, il faut constater un regrettable manque d’intérêt porté aux « écrits de celles et ceux qui triment au bas de l’échelle » (Vigna 2016 : 11), aussi bien en linguistique historique que dans les études littéraires. C’est dans cette perspective que se situent les travaux de Leo Löwenthal, qui a soutenu dans ses écrits que l’œuvre littéraire ne peut se réduire à être un reflet d’une part ni être isolé du social de l’autre (Löwenthal 1975 : 9). Nous invitons donc à revisiter cette thèse centrale de la théorie critique dans une perspective à la fois linguistique et d’études littéraires, en examinant les représentations de ‘la langue du peuple’ que l’on peut observer dans la littérature française depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours. Ainsi, nous sommes intéressés non seulement par les exemples dans l’Hexagone, mais aussi par ceux du monde francophone dans son intégralité.
Dans notre atelier, nous nous proposons de repenser les traits linguistiques associés au ‘peuple’ dans la littérature française. Notre attention se portera sur les personnages secondaires dans un contexte aristocratique ou bourgeois mais également sur les protagonistes de la littérature qui accorde une place centrale à la classe ouvrière ainsi qu’aux milieux défavorisés dans une société post-industrielle.
Plus généralement, l’atelier invitera à ranimer le débat entre linguistes et spécialistes en littérature sur l’épithète de ‘populaire’, poursuivant ainsi l’approche critique de Bourdieu (1983). Bourdieu a clairement averti que le terme « milieux populaires » risque d’être adapté aux intérêts politiques et aux préjugés sociaux, et qu’il soutient non seulement les différences linguistiques mais aussi les différences sociales dans le sens d’une domination symbolique. Notre atelier cherchera, à cet égard, à présenter des analyses différenciées au lieu de notions essentialisantes sur la « classe populaire ».

Les résumés n’excèdent pas 500 mots (sans bibliographie). La soumission des résumés se fait à l’aide du formulaire téléchargeable sur le site web du Congrès, en langue française, à envoyer jusqu’au 15 janvier 2022 (date limite) aux adresses suivantes : dufterlmu.de et susanne.zeppfu-berlin.de.

Les notifications d’acceptation sont envoyées avant le 28 février 2022.




Page Updated: 28-Oct-2021